"Rien de se crée, rien ne perd, tout se transforme", nous rappelait Lavoisier. L'éternité était hier, est aujourd'hui, sera demain l'incontournable évidence absolue. Certains de nos semblables s'imaginent volontiers des divinités qu'ils prient à genoux pour accéder à la vie éternelle, parabole de plusieurs religions. Mais, la vie biologique ne saurait être éternelle car nous savons bien qu'elle ne peut s'exercer que dans un biotope bien délimité, dans des conditions très précises et, bien que les compétences humaines soient considérables, nous n'avons pu repérer ce " miracle " que sur notre planète Terre qui n'est pourtant qu'un grain de poussière dans cet Univers immense qui nous entoure depuis très longtemps et sans doute pour l'éternité… Nous n'avons aucunes certitudes sur la disparition de certaines espèces comme les dinosaures, seulement des probabilités, mais plus avant nous constatons la disparition de nombreuses autres espèces dont nous portons souvent l'entière responsabilité, et cette tendance à la disparition de certaines espèces semble s'accélérer constamment… Certains savants et intellectuels s'en inquiètent car dans le concert de cette vie biologique, la majorité des espèces se nourrissent des autres et la survie de certaines garantit celles qui en dépendent directement. Aujourd'hui que l'Etre Humain a acquis un très haut niveau de compétences quasiment "divines", qui pourraient lui permettre de réaliser "le Paradis Terrestre" tant ses technologies sont efficaces par ses performances de productions industrielles et agricoles, ses moyens d'analyses précis, paradoxalement, celui-ci semble empêtré dans l'organisation sociale de ses communautés dont la majeure partie est sous domination du système capitaliste, avec ses crises successives qui conduisent l'Humanité à son autodestruction mais, au-delà, à la disparition de la vie biologique sur notre Terre. Comment éviter le pire ? Si je peux me permettre, j'invite les puissants de ce Monde à se tourner vers Cuba, petit pays des Caraïbes, pauvre en ressources naturelles et soumis à un cruel et injuste blocus, et, à se poser la question de savoir comment ce Peuple peut-il être reconnu par WWF(le Panda) comme numéro un mondial du " Développement Durable " et par l'ONU, une des dix nations au monde sur la dernière décennie à l' "indice de développement humain" (IDH) selon son secrétaire général adjoint Khalid Malik ? Bien sûr, un leader qui a pris sa place parmi les illustres qui ont écrit l'histoire de notre espèce humaine au 20ème siècle cela peut aider… Mais, c'est au Peuple Cubain dans sa globalité que revient le mérite, celui-ci participant au quotidien à la réflexion collective sur les problèmes qui lui sont posés et à leur résolution par les seuls moyens dont il dispose, et malgré toutes les entraves qui lui sont imposées par le blocus US depuis un demi-siècle… Toutefois, il ne faut pas oublier la solidarité internationale, parfois même déterminante, mais toujours une solidarité bien comprise, réciproque et sans arrière-pensée impérialiste, toujours dans le respect strict de l'éthique. Voilà le constat simple et objectif d'un pouvoir populaire démocratiquement exercé au service exclusif de l'être humain. Alors, ces reconnaissances prestigieuses ont une toute autre signification que le scandaleux prix Nobel de la Paix attribué à l'actuel Président des USA dont les 46 millions de citoyens vivant en dessous du seuil de pauvreté regardent hébétés, et même aujourd'hui " indignés " pour être à la mode, leurs managers patauger dans une économie factice, imprimant toujours plus de " vrais faux dollars " pour entretenir un consumérisme débridé et polluant que le réalisateur Michael MOORE ne cesse de dénoncer avec un réel talent de communication et un activisme effréné. Celui se sent enfin relayé par les manifestations récurrentes du mouvement des Occupy Wall Street qui dénoncent eux aussi ce système suicidaire, traduisant une saine prise de conscience des citoyens américains. Mais Obama continue son œuvre infernale avec l'aide de ses complices de l'OTAN, massacrant et pillant de leurs ressources naturelles les peuples du Tiers Monde, en Irak, Afghanistan et Libye, lorgnant sur l'Iran et la Syrie au risque de provoquer un cataclysme au Moyen-Orient, sans pouvoir pour autant résister à la pression Chinoise dont l'omnipotence s'accentue de jour en jour, faisant du " rêve américain " un véritable cauchemar. N'est il pas temps de cesser cette course effrénée et hasardeuse qui n'a d'autre objectif que de perpétrer un système qui n'offre plus aucune perspective durable et qui surtout menace gravement l'équilibre biologique dans lequel nous survivons. Alors oui pour sûr, la Révolution Cubaine est pleine d'enseignements pour Obama et ses laquais. Qu'ils s'en inspirent sans plus tarder au lieu de prétendre lui enjoindre de se soumettre à leurs dictats ! Jacques MILHAS, Cuba Sí France
" C'est le plus beau Premier mai de ma vie " dira Andrée.
Témoignage: 1er mai 2011 à La Havane
Une étudiante parisienne à Cuba
"...Je suis étudiante en classe préparatoire aux grandes écoles à Paris. Je suis une fille d'ouvrier qui, par hasard, étudie dans un milieu bourgeois. Et j'en ai assez, d'entendre de la bouche de bobos que Cuba est une dictature..."
Oscar Fortin: CUBA: 50 ANS DE LUTTE ET DE DÉVELOPPEMENT
Il y a plus de 50 ans, « Papa Doc Duvalier » régnait sur Haïti comme Batista sur Cuba. Deux îles voisines dont les peuples vivaient la dépendance, la pauvreté, l'analphabétisme, les maladies qui frappaient, souvent mortellement, ceux et celles qui en étaient atteints. Ils étaient tous les deux dans les bonnes grâces du puissant voisin du nord, les États-Unis.
A notre arrivée à la Havane l'ouragan Gustav venait de passer sur Cuba. En témoignaient des arbres arrachés ici et là. Mais les dégâts ne me semblaient pas trop important. Jusqu'à ce que je vis et entendis les récits sur la province Pinar del Rio et de l'Isla de la Juventud.
Je reviens d'un séjour d'une semaine dans cette île minuscule qui s'appelle Cuba. Elle fait souvent parler d'elle, cette perle des Antilles. Dernièrement, ce fut pour des raisons qu'elle aurait préférées autres: les cyclones qui ont ravagé le pays de bord en bord (d'une mer à l'autre, pour reprendre une expression familière d'ici) et deux fois plutôt qu'une, semant la désolation et la consternation un peu partout et retardant certainement de plusieurs mois tout l'élan entrepris il y a peu pour augmenter significativement la production agricole.
Le vieux Pepe Armando était tout souriant lorsque je l'ai aperçu, assis sur le perron de la porte de la maison de sa fille, assistant de près au spectacle bruyant de la rue. Certes, ce n'est pas le boulevard Saint-Germain à Paris, où l'on imagine Jean-Paul et Simone, ou leurs émules installés à la terrasse des Deux Magots pour assister au va-et-vient mondain des Parisiens, mais ça vaut tout de même le détour, tant la faune est bigarrée et exubérante.
Oui nous sommes heureux avec mon équipe et de nombreux amis de la Fondation France Libertés de revenir à Cuba. Heureux de revoir nos partenaires et surtout curieux de voir comment le peuple cubain est en train de passer visiblement, sans heurts, le cap de la transition.
Mon cher Alfredo Guevara (Ancien ministre de la Culture) qui nous accueille à l'aéroport me le dit tout de suite « Tu es arrivée dans un moment exceptionnel, Danielle. Ici tout le monde discute, des cercles de réflexion politique sur ce que nous voulons faire après Fidel se mettent en place partout. Mais ce qu'il y a de formidable c'est que tous ceux qui veulent des changements et des améliorations veulent sauvegarder l'essentiel de notre socialisme ».
Nous sommes allés voir des coopératives de paysans dans la province de Cienfuegos. Nous financerons une partie de l'effort de rénovation de leur circuit d'adduction d'eau et d'assainissement avec le PNUD et de nombreuses villes françaises et syndicats regroupés au sein de «Cuba Coopération ».
Nous avons vu des centres touristiques source possible de revenus pour le futur.
Je me suis aussi entretenue avec le Président du Parlement, les responsables des régions, des Ministres, le vice président du Conseil d'Etat. Ils m'ont exposé, sans langue de bois, leurs difficultés, leurs erreurs, et leur projet.
J'espérais pouvoir saluer un ami gravement malade qui a représenté une grande expérience de libération d'un peuple non seulement pour Cuba mais pour toute l'Amérique latine. Si aujourd'hui certains pays du continent se libèrent du brutal impérialisme américain (combiens de morts, de torturés de disparus combien de souffrances, au Guatemala au Chili en Argentine au Nicaragua, au Paraguay, au Panama pour servir les intérêts financiers de la United Fruit Co, de la Anaconda Copper, de la Union Carbide ou du complexe militaro industriel américain), oui si donc aujourd'hui certains se libèrent de cette tutelle et de la doctrine de Monroe, ils le doivent en partie à la résistance de ce petit peuple têtu, et de cet homme, que la proximité d'un ennemi acharné, a enfermé dans une politique sécuritaire qui ne favorise pas la démocratie.
Mais une crainte me préoccupe. Pourront-ils continuer à rester ce qu'ils sont ? Pauvres certes, selon les calculs de l'économie convenue, mais éduqués, avec un système de santé et une relative équité sociale que le monde peut leur envier. Il suffit d'aller en Colombie, le grand allié des USA, pour voir la différence entre un vrai gouvernement et la dictature sanglante des bandes armées.
Je pense aux « Maquiladoras » de la frontière Mexique-USA qui sont également de véritables zones de non droits pour les travailleurs comme pour les femmes dont des centaines ont disparus dans des circonstances que la police mexicaine se garde bien d'élucider. Je pense au Nicaragua ou la pauvreté a fait des progrès hélas parallèles au retour du libéralisme.
Bref je suis à la fois optimiste sur les capacités exceptionnelles du peuple cubain à affronter l'avenir mais inquiète sur ce que d'autres peuvent essayer de faire de cet avenir.
Le Cuba qui doit continuer avec l'aide de la coopération internationale : celui où tout le monde a reçu une éducation, où la santé publique couvre tous les besoins aussi bien ceux des plus modestes, ou un ouragan comme Katrina n'a tué personne et ne mettra personne à la rue dans l'indifférence du gouvernement. Celui ou les enfants victimes de Tchernobyl pourront continuer à être soignés gratuitement, celui qui exportera ses médecins et ses intellectuels et pas ses ouvriers sans travail, celui qui restera soit disant pauvre car il saura que la croissance industrielle sans frein est une illusion funeste pour l'environnement et l'avenir de la planète. Celui où on peut marcher dans les rues sans crainte de se faire enlever contre rançon. Celui où dans les banlieues de La Havane les jeunes ne brulent pas des centaines de voitures. Celui ou les enfants vont à l'école .
Et son gouvernement qui a fait ce qu'il a pu, n'a certainement pas de leçons à recevoir de ceux qui passent tous les jours à Paris devant des hommes et des femmes couchés sur des cartons recroquevillés dans des embrasures de portes sans même leur jeter un regard .
Oui, il y a des violations majeures à Cuba. Elles sont à Guantanamo, enclave américaine.
Clichés anti-cubains
Cuba face à l'Empire 25-08-2007 Gilberto López y Rivas (Journal : La Jornada - Mexique)
Récemment j'ai eu à débattre, sur une chaîne de la télévision nationale, au sujet de Cuba. Au cours de ce rapide échange sont revenus sur le tapis les mythes et préjugés, vieux et ressassés, que, durant des décennies, ont nourri les attaques permanentes contre la Révolution, ses dirigeants et le régime socialiste établi par le peuple cubain en exerçant pleinement sa souveraineté et son droit à l'autodétermination tels qu'ils sont consacrés dans les documents fondateurs de l'Organisation des Nations Unies.
Mon contradicteur esquissa une peinture de la réalité cubaine maigrichonne, dirigée par un « Etat policier » qui impose une dictature idéologique dans l'éducation, la formation et l'information à des masses inertes de jeunes et de citoyens qui, sous le contrôle rigide du Parti Communiste, ont pour principale préoccupation d'assurer leur petit déjeuner, leur déjeuner et leur souper quotidiens
Cette vision d'un pays où régnerait – si on accepte cette façon de voir myope et embuée – la sous-alimentation, la lutte pour la survie, la répression et la terreur, comment peut-elle aller de pair avec les grands succès remportés par Cuba dans les domaines de la culture, de l'éducation, du sport, de la santé et autres indicateurs sociaux ? Est-il possible que sous la terreur imposée par un Etat omniprésent se développent la littérature, l'art, la musique, la danse, les sciences médicales, la biotechnologie, l'informatique, l'anthropologie ? Et comment expliquer le haut niveau des délégués de ce petit pays dans toutes les réunions scientifiques internationales auxquelles ils participent, que ce soit au niveau local ou mondial ? Comment accoler cette lugubre description de la patrie de Martí à ce géant de la solidarité internationaliste qui a vaincu, en Angola, l'armée raciste sud-africaine et a su créer ainsi les conditions pour la débâcle de l'apartheid ? à ce pays qui envoie des médecins, des enseignants et du personnel de soutien dans les coins les plus reculés et les plus démunis du monde et qui est capable, en plus, d'offrir généreusement à son ennemi juré nord-américain une aide médicale immédiate face à la tragédie qu'a vécue, en 2005, la Nouvelle Orléans ? à ce pays où le pourcentage des femmes techniciennes et diplômées dépasse celui des hommes ?...
Comment expliquer les taux de scolarisation cubains de 100% dans le primaire et dans le secondaire ?, ses performances scolaires en mathématiques, supérieures à celles des Etats-Unis, du Canada, du Royaume Uni, du Portugal, de la Norvège ?, le nombre d'élèves par classe, (20), à l'école primaire, inférieur à celui qu'on trouve dans les dits pays auxquels on peut ajouter l'Espagne, la France et le Japon ? Comment expliquer le taux de mortalité infantile, à Cuba, pour les enfants de moins de 5 ans, qui est de 8 décès pour 1000 enfants nés vivants alors qu'il est de 37 en Amérique Latine et de 81 au plan mondial, statistique qu'il faut compléter par un taux de 100% d'enfants cubains vaccinés. L'espérance de vie, à la naissance, est de 74 ans à Cuba alors qu'elle est de 66 ans au plan mondial. Il y a, à Cuba, 590 médecins pour 100.000 habitants alors qu'il y en a 160 en Amérique Latine. A Cuba, on dispose de 631 lits d'hôpital pour 100.000 habitants et de seulement 220 en Amérique Latine. La révolution a rendu possible que Cuba soit une puissance biomédicale et scientifique mondiale qui met à la portée des pays pauvres ses vaccins, ses traitements innovants et ses médicaments.
Lors de ce débat, mon opposant crut bon de mettre en avant le faible éventail de l'offre en matière de périodiques et de revues pour les lecteurs cubains. Il ignore, apparemment, qu'il existe, à Cuba, officiellement enregistrées : 577 publications périodiques, 128 maisons d'édition, (sans compter les dizaines de publications sur Internet), 382 bibliothèques publiques, 57 théâtres, 135 galeries d'art, 302 Maisons de la Culture, 265 musées, 406 cinémas, 364 librairies. « Selon les données publiées par l'Unesco, durant la période 1989-1994, si on compte le nombre d'ouvrages détenus par les bibliothèques publiques, avec 48 titres pour 100 habitants, Cuba dépasse le Mexique (36), le Pérou (25), le Costa Rica (10), Le Chili (5) et égale l'Italie qui en a aussi 48 » (Alfonso Sastre et al. Cuba 2005. Editions Hiru.)
J'ai pu observer et vérifier par moi même et directement le niveau de l'information sociopolitique des étudiants de tous les niveaux ou celui des téléspectateurs à travers les journaux télévisés, les cours et émissions spéciales, telles les Tables Rondes, qui abordent très souvent des sujets d'actualité pendant deux heures, avec des experts, des témoins et des analystes de premier ordre, sans coupures publicitaires et sans l'interférence des intérêts des sociétés privées pour dicter leur ligne politique aux participants.
Cuba, un Etat policier? Un pays qui n'enregistre aucune exécution extrajudiciaire comme celles de la « guerre sale » menée par l'Etat mexicain contre les militants de gauche depuis les années 50 du siècle dernier, avec les centaines de disparus politiques, torturés, assassinés ; un pays où durant toutes ces années, depuis le triomphe de la révolution en 1959, jamais les forces armées n'ont été utilisées pour réprimer et massacrer des manifestants sans défense alors que cela a eu lieu au Mexique (en 1959, en 1968, en 2006) ; un pays où il n'y a pas de groupes paramilitaires semblables à la Brigade Blanche, au Bataillon Olimpia, aux Faucons et à la douzaine et plus de groupes qui opèrent au Chiapas ; un pays où le taux d'homicides et de crimes de sang est un des plus faibles du monde, où il n'y a pas d'enlèvements de personnes et où n'agissent pas les diverses mafias du crime organisé avec les centaines d'exécutions qui s'en suivent (plus de mille durant les quelques mois du gouvernement illégitime de Felipe Calderón), où les autorités militaires et policières ne sont pas infiltrées par les narcotrafiquants ; bref, un pays où règne un Etat de Droit et dans lequel la justice n'est pas à vendre et n'offre pas l'impunité aux riches, aux puissants et aux politiciens du jour.
La plus grande conquête de la Révolution cubaine est bien visible : un peuple instruit et noble qui a su résister avec succès au plus féroce des blocus et à la permanente hostilité militaire, à la guerre occulte que lui ont livrée les Etats-Unis, en construisant un socialisme qui, certes, n'est pas exempt de carences, d'erreurs et de déficiences, mais qui constitue néanmoins pour les êtres humains une alternative de vie digne dans cet océan de mort et de destructions qu'est le capitalisme mondial.
traduction Manuel Colinas
Je ne pourrais pas écrire à Cuba par Koldo Campos Sagaseta
" Pierre, un français rentrant de Cuba m'a envoyé un texte. Puisque tu vas là-bas, peux-tu en vérifier la véracité ? " me dit cet ami. Soit ! On va en lire ici quelques extraits, précédés de " Touriste ", suivis de mes réponses : " R".
Retour d'un voyage à Cuba
Il y a quelque jours j'ai eu la chance de réaliser un de mes rêves: voir par moi-même Cuba et pouvoir vivre avec les Cubains pendant quelques jours..
LETTRE A MARIA
Chère Maria, Je ne sais pas si mon nom vous dira quelque chose. A vrai dire, je ne crois pas vous avoir laissé un souvenir impérissable. C'est pourtant vous qui m'avez donné, au détour d'une seule phrase, une des plus belles leçons d'humanité qu'un homme puisse recevoir. Cela fait déjà quelques années de cela mais, comme vous pouvez le constater, je n'ai pas oublié.
Vous souvenez-vous, Maria, de cet occidental en visite sur votre île qui voulait vous poser quelques questions ? En réalité, et pour être en phase avec mon état d'esprit à cette époque, je voulais plutôt vous demander de justifier votre soutien à un certain Fidel Castro. "Comment pouvez-vous..." aurait probablement été le début de l'interrogatoire en bonne et due forme que je vous avais préparé. Oui, Maria, je sais. Mais comprenez-moi, c'était "avant".
Vous n'aviez pas vraiment le temps, mais vous m'avez quand même accordé 15 minutes d'entretien, comme ça. Je n'ai pas eu l'élégance de relever la gentillesse de votre geste, n'est-ce pas, Maria ? Après tout, je venais de France, comprenez-vous ? Et vous, eh bien, vous n'étiez qu'une Cubaine. Médecin. "Encore un ?" aurais-je dit avec ironie à l'époque. Oui, Maria, je sais. Mais c'était avant.
Vous étiez en charge du programme (cubain) de soins dispensés (gratuitement) aux enfants (ukrainiens) victimes des retombées de l'accident (nucléaire) de Tchernobyl. Je n'avais jamais entendu parler auparavant de ce programme. Encore moins de vous, d'ailleurs. Mais une amie cubaine a insisté pour nous présenter.
Vous m'avez expliqué que les autorités ukrainiennes envoyaient les enfants se faire soigner à Cuba. A l'époque (à savoir au début des années 90), environ 5 000 étaient pris en charge par vos services Je crois savoir que, depuis, ce chiffre est monté à plus de 15.000. Etes-vous toujours responsable de ce programme Maria ? Je me pose souvent cette question.
L'entretien dura plus longtemps que prévu. Plusieurs heures en fait. Je suppose que vous vous sentiez en confiance et rassurée par cet occidental qui cherchait avant tout à comprendre. Vous avez finalement regardé votre montre et vous vous êtes levée en déclarant qu'un avion arrivait d'Ukraine, avec deux cents enfants supplémentaires, et que vous ne saviez pas encore où vous alliez les loger. Vous vous êtes même excusée. Excusée de n'avoir plus le temps.
Mais quelques jours auparavant, j'avais lu dans la presse commerciale de chez nous que les Etats-Unis avaient présenté à l'ONU (encore) une résolution visant à condamner Cuba pour "atteintes aux Droits de l'homme". Cela ne me choqua pas car, à l'époque, j'étais encore ce que l'on appelle un anticastriste. Comme tout le monde, quoi. Je vous ai parlé de ce vote. Bien entendu, vous étiez au courant.
"L'Ukraine n'a-t-elle pas récemment condamné Cuba pour atteintes aux Droits de l'homme ?" vous ai-je demandé. "Oui, c'est exact," m'avez-vous répondu. "Et ils vous envoient dans la foulée deux cents enfants de plus ?" ai-je insisté. "Oui," m'avez-vous confirmé, apparemment sans trop savoir où je voulais en venir.
C'est étrange comme certaines vies peuvent basculer, au détour d'une rencontre ou d'une phrase. Je garde encore les traces de la tempête qui se déchaîna sous mon crâne.
M'en voulez-vous encore, Maria ? Me pardonnerez-vous un jour cet échange ? Pire : l'avez-vous gardée en mémoire ? Non ? Alors la voici : Moi : "L'Ukraine vous condamne à l'ONU, puis ils vous envoient deux cents enfants de plus se faire soigner gratuitement chez vous (en pleine "période spéciale")... ?" Vous: "Oui" Moi : "Et vous les acceptez ?" A ce moment-là, j'ai senti que je venais de perdre toute l'estime péniblement gagnée au cours de ces quelques heures passées en votre charmante compagnie. Vous m'avez jeté ce regard qui me hante encore. Un mélange de tristesse et de déception. Vous m'avez simplement répondu : "Mais... ce n'est pas la faute des enfants". Puis vous êtes partie.
Oui, vous êtes partie mais vous ne m'avez jamais quitté. Comment oublier une telle claque ? De celles qui vous font du bien, de celles qui vous font grandir.
Mais parce que n'importe lequel d'entre "nous" vous aurait posé la même question, et parce que n'importe quel Cubain digne de ce nom aurait répondu la même chose, m'en voudriez-vous de considérer que cette réponse n'est pas celle de Maria à Viktor, mais celle de Cuba à l'Occident tout entier ?
Voyez-vous, Maria, je crois vous avoir comprise. Et depuis notre rencontre, je me suis fixé comme objectif d'être digne de cette leçon. Leçon involontaire, j'en conviens. Et c'est bien pour ça qu'elle n'en est que plus belle. En tout cas, j'aurais essayé.
Oui, Maria, je l'avoue, il y en a eu d'autres après vous. Beaucoup d'autres. De La Havane à Santiago en passant par Santa Clara. Mais vous étiez la première, celle que l'on n'oublie pas.
C'est pour cette raison, chère Maria, que je me suis enfin décidé à vous faire une lettre, que vous lirez peut-être. Si vous avez le temps.
Madame la Verte Députée, J'ignore de quelle zone d'Europe vous êtes et qui vous y a élue et sur quelle plate-forme, mais je ne sache pas que les frontières du Vieux Monde débordent maintenant outre-Atlantique au point que vous et les vôtres y puissent légiférer. En tout cas, aucune partie ni aucun parti de Cuba ne vous a élue pour que vous en soyez le porte-parole au sein d'un parlement dont nous n'avons que faire ici. Je m'étonne donc de votre propos de proposer « une résolution d'urgence... pour la rentrée de septembre du Parlement européen ».
Voyez-vous, Madame la Verte Députée, l'Assemblée nationale du pouvoir populaire existe ici depuis 1976, depuis plus longtemps donc que le Parlement européen. Or, en trente ans de fonctionnement, aucun député n'y a jamais présenté un seul texte, une seule résolution, une seule motion en vertu duquel l'Assemblée nationale cubaine demanderait que la France « change » parce que son système politique et économique capitaliste néolibéral et sa démocratie bourgeoise n'ont pas l'heur de plaire ici. Jamais l'Assemblée nationale du pouvoir populaire de Cuba n'a pensé qu'elle était en droit de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un autre Etat et de décider comment devait se comporter son gouvernement. Jamais aucun de ses députés ne s'est mis en tête de rédiger un texte où il ferait une présentation aussi biaisée que la vôtre de la situation intérieure française. En tout cas, il aurait au moins eu l'honnêteté de se renseigner un peu mieux et de ne pas reprendre à son compte les poncifs éculés que colporte votre presse transnationale prétendument libre.
Dis-moi un peu, Madame la Verte Députée, que penseriez-vous de l'Assemblée nationale cubaine si l'un de ses députés rédigeait afin de le proposer à ses confrères un texte dans le genre de celui qui suit : « Les ouvertures tant attendues pourraient-elles venir de Nicolas Sarkozy dont on connaît l´application à respecter l´orthodoxie néo-libérale ? Il cumule déjà depuis longtemps les pouvoirs forts tel que le ministère de l'Intérieur et, en violation de la déontologie politique la plus élémentaire, la présidence d'un parti de gouvernement. » « Faut-il attendre, comme le souhaite la plupart des Français de France, une désadaptation au monde déshumanisé d´aujourd´hui de la part de la direction française. ? Nul ne saurait répondre à cette interrogation ; toutefois il est à espérer que les « nouveaux » dirigeants sous la houlette de X, tout attachés au régime en place, sachent apporter des réponses urgentes à la crise économique et sociale que subit de plein fouet et depuis un certain temps déjà la population française.» « Jacques Chirac, plésiosaure politique, champion toute catégorie du maintien au pouvoir et fin stratège, aura sans doute préparé judicieusement ce dernier casting. Dominique de Villepin, actuel Premier ministre, Nicolas Sarkozy, actuel ministre de l'Intérieur, et d'autres du sérail, parfaitement conscients de la stabilité précaire de la France, sont-ils dans la confidence chiraquienne. »
« Le peuple cubain a soutenu le gaullisme il y a 50 ans et cette période fait maintenant partie de l´histoire. Aujourd´hui la réalité française est tout autre. C´est moins l´invasion politique et idéologique des Etats-Unis qui inquiète les Français de France que le cruel manque du minimum vital pour toujours plus d'habitants, et notamment survivre avec des RMI mensuels moyens largement insuffisants, un chômage que le gouvernement ne parvient pas à résorber et qu'il prétend régler par des mesures telles qu'un CPE largement répudié par la majorité de la population concernée, de graves problèmes dans les quartiers populaires qui sont traduits par des émeutes réprimées férocement par le pouvoir, les énormes problèmes d'intégration des descendants des anciennes colonies, la situation des émigrés renvoyés chez eux manu militari et tant d'autres problèmes sociaux et économiques, tels que l'aggravation de la pauvreté dans des couches données de la population, des sans-logis, sans parler d'une dégradation de la trame sociale et du sens de la solidarité telle qu'une canicule de quinze jours a suffi à faire mourir 15 000 personnes. Bref, malgré l'énorme richesse du pays et les sommes faramineuses d'argent qui y circulent, le régime en place s'avère parfaitement incapable d'assurer une vie décente à l'ensemble de la population, ce qui serait chose aisée si cette masse d'argent était distribuée en fonction de la justice sociale que réclament les Français et ne s'envolait pas dans des activités sans la moindre importance sociale, telles, parmi bien d'autres, la publicité et l'armement. »
« Ainsi donc, la France doit changer. Un premier geste fort pour amorcer le changement serait de renoncer à entériner des lois portant expulsion des immigrés venus de terres que la France a mises à sac, dont elle a exploité les populations et les richesse et qu'elle a exterminées par dizaines de milliers quand l'occasion s'en présentait, comme à Sétif ou à Madagascar. Ce signal ferait écho aux réclamations des populations anciennement colonisées et de leurs gouvernements qui demandent que les gouvernements de pays coloniaux fassent au moins amende honorable au sujet de leur histoire. »
« Oui, la France doit changer, parce que tous les faits prouvent (depuis le vote Non à la Constitution jusqu'aux émeutes des quartiers pauvres et les manifestations de rue contre le CPE, en passant par d'autres exemples de dégradation) que les Français ou du moins une bonne part en ont assez. »
Que penseriez-vous, Madame la Verte Députée, si un texte de ce genre arrivait sur votre bureau vernissé de je ne sais quelle partie d'Europe ? Vous diriez bien entendu tout haut : « De quoi je me mêle ! » et tout bas : « Qu'ils aillent se faire foutre ! » Eh bien, c'est exactement ce que nous disons ici, tout haut et encore plus tout bas.
Nous en avons assez des donneurs de leçon, des prêchi-prêcha à mentalité coloniale. Occupez-vous donc d'arranger votre Europe qui en a bien besoin. Et surtout préparez-la à des lendemains qui, quand on voit la politique qu'y suivent les gouvernements, vont être, je vous l'assure, passablement bouchés. Arrangez donc vos problèmes sociaux. Efforcez-vous d'intégrer des portions de plus en plus importantes de votre population qui se sentent en marge d'un pays où elles ne se reconnaissent plus, et tâchez de le faire d'autant plus vite que les vagues d'émigrés vont continuer de déferler de plus en plus vers l'Europe (comme ces derniers temps le prouvent), pour la bonne raison que l'ordre politique et économique mondial que vous défendez (et si vous ne le défendez pas, alors, votre position au sujet de la Révolution cubaine frôle la schizophrénie) fabrique et fabriquera toujours plus, si vous ne le « changez » pas, des émigrés, aussi naturellement que les abeilles leur miel. Le jour où vous vous déciderez à vous occuper de ces questions qui vous concernent au premier chef, je vous prie de croire que vous n'aurez plus assez de temps pour vous occuper de mettre de l'ordre à Cuba !
Avec mes salutation distinguées, Madame la Verte Députée.
P.S. J'oubliais. J'espère que vous potassez les dossiers auxquels vous devez sans doute vous consacrer directement en tant que parlementaire un peu mieux que votre « dossier Cuba ». Je pensais qu'une auguste députée du vénérable Parlement de la noble Europe étudiait un peu les faits avant de procéder à la rédaction d'une proposition. Je ne sais trop quelle est la procédure exacte dans ce mécanisme si compliqué du Parlement européen au terme de laquelle on finit par soumettre un texte. Je souhaite en tout cas qu'il y ait, je ne dirais pas un « filtre », parce que vous me rétorqueriez sans doute d'un ton pincé : « Chez nous, Môsieur, la pensée est libre et s'exprime sans entraves », mais du moins une « relecture » par quelqu'un de compétent. Parce que vous étalez à la vue du public votre parfaite incompétence, Madame, sur la question cubaine. Une députée devait s'efforcer de gagner un peu plus de hauteur et de ne pas reprendre à son compte les ragots et les commérages issus de gens comme ceux auxquels votre Parlement, comme vous nous le rappelez sans indiscrétion, décerne des prix dont la simple appellation dit bien la tendance. Votre description de la situation, à vous lire, « dantesque » du peuple cubain n'existe que dans les imaginations enfiévrées des « supplétifs » de service que Bush paie d'ailleurs - et grassement - pour répandre cette vision des choses à tous vents et auxquels vos gouvernements - en vertu de la Position commune - prête une oreille complaisante. Voyez-vous, Madame, si le peuple cubain ne défendait pas SA Révolution, aujourd'hui encore - et non voilà cinquante ans - celle-ci n'existerait plus depuis longtemps, et monsieur le président des Etats-Unis ne serait pas alors obligé de préparer tant de plans pour la liquider. Elle s'effondrerait toute seule. Est-il si difficile, même pour une mentalité coloniale sur un continent arrogant qui se croit à la tête de la modernité mais sent affreusement le rance, de comprendre qu'un peuple puisse défendre une Révolution qui est la sienne et qui lui a apporté, entre autres choses, la dignité et l'indépendance et bien des avantages sociaux que les miséreux d'Europe - et l'on s'étonne qu'il en existe encore et de plus en plus au milieu de tant de richesses - leur envieraient assurément, sans parler de leurs homologues encore plus mal lotis et encore plus nombreux du tiers monde dépendant ?
C'est d'ailleurs parce que la Révolution a donné une indépendance absolue à Cuba et que celle-ci n'est plus la colonie qu'elle fut si longtemps que vos résolutions - d'urgence ou pas - n'ont pas la moindre portée sur elle. Les complications diplomatiques dans lesquelles s'est fourrée votre Union européenne à cause de la Position commune et des sanctions concomitantes devraient vous en convaincre. De grâce, fichez donc la paix à Cuba, c'est à peu près tout ce qu'elle vous demande !
Quant au « dinosaure », il vous en remontrerait sur bien des points, à commencer par la maîtrise des dossiers et en finissant par la décence politique.
Ces médias me donnent envie de vomir
Message envoyé ce matin à RMC/ Vive la Révolution Cubainepar JM Bayart
Vous invitez Serge Raffy, un des plus anti-cubain qui soit; proche des milieux d'extrême-droite dangereuse de Miami et qui raconte des très gros mensonges dans son torchon. Honte à RMC qui se dit objective et ne vérifie rien.
Chrétien, j'ai bien le droit d'analyser objectivement la situation politique, sociale culturelle et environnementale à Cuba.. Pays que je connais bien au quinzième voyage.
Votre standardiste:
"c'est quand même pas le paradis à Cuba"
"vous y êtes allée?"
"non!" -"et alors!!!".
C'est ainsi, des Français sont trompés parce qu'ils l'ont entendu à la radio ou la télé... Surtout RMC. Avez-vous agi ainsi lors de l'accident cérébral de Sharon (Sabra et Chatilla)?
Lui avez-vous souhaité un bon rétablissement?
Pendant que vous vous gargarisez en très petits comités, des centaines de millions de personnes sont reconnaissantes à Cuba pour l'aide bienfaitrice médicale que ce Pays tant contesté par les puissances capitalistes leur apporte.
Cuba forme gratuitement des milliers de médecins originaires de pays du tiers-monde y compris des Etats-Unis. (En France, il y a plus de 5.000 médecins étrangers surtout africains, ce continent qui en a tant besoin).
De même l'action cubaine en faveur de l'alphabétisation "YO SI PUEDO" aux pays de l'Amérique latine tant nécessiteuse ne plaît certainement pas aux occidentaux.
Che Guevara sur le point d'être lâchement exécuté sur ordre de la CIA priait l'institutrice qui lui avait offert un repas de poursuivre l'éducation des jeunes, seule possibilité de ne pas être exploité.
Si le Président Cubain était dictateur au sens où vous l'entendez, croyez-vous que la Révolution cubaine aurait élevé la Nation Cubaine à un tel degré de Culture et de connaissances à faire pâlir la France?
Hé oui! Messieurs. Il faut être clair, mes braves, les temps changent, ne vous en déplaise... Les puissances occidentales- à part leurs armées - sont en voie de déliquescence. Sortez dans les rues, examinez avec attention la situation sociale, économique, et culturelle de votre Pays des Droits de l'Homme, votre cerveau réagira... peut-être...
Au fait, je ne suis pas "passé" sur vos ondes, je m'en doutais. Par contre les détracteurs ont bien été accueillis. La dictature est chez vous. Et la pire, que vous connaissez bien, c'est la dictature de l'argent qui permet la reproduction des fortunés. La reproduction des élites par un mécanisme de sélection sociale bien ficelé est l'arme cachée des « démocraties » occidentales.
Les conquérants occidentaux s'efforcent par un dialecte de circonstance de s'affliger des conséquences du mal des « dictatures» tout en s'accommodant des dérives dictatoriales des « démocraties ».
Jésus Christ, Guevara, Gandhi, Fidel Castro, Hugo Chavez, Evo Morales et d'autres l'ont bien compris.
Vous non, c'est ainsi, finalement, je vous plains car il ne faut pas mentir. Entre vous, passe encore, mais sur les ondes, vos auditeurs ne sont pas tous des "moutons".
Alors respectez-les! Ai-je le droit de rêver?
Je souhaite un bon rétablissement à Fidel Castro qui, avec ses compagnons, ont placé la Nation Cubaine et l'Environnement au dessus de tout.
Quoique vous racontiez, les critères sociaux et environnementaux à Cuba sont probants. De grands Universitaires étasuniens les reconnaissent. Vous et les vôtres ne l'admettrez jamais.
piqué sur CSP// de Viktor Dedaj
Environ trente mille jeunes du monde entier font actuellement des études dans des universités cubaines
PAR NAVIL GARCIA ALFONSO, de Granma internacional
Julio Marcelo Arias Castañeda est un jeune ingénieur électricien diplômé de l'Institut supérieur polytechnique José Antonio Echeverria, à La Havane. Il est équatorien, et a été élu le plus intégral de tous les étudiants étrangers à Cuba. Avec lui, deux mille jeunes professionnels s'apprêtent à rentrer dans leur pays d'origine.
Après cinq années d'études à La Havane, Julio dresse un bilan de son expérience et explique comment Cuba a influencé son projet d'avenir personnel.
«Comme pour tous les étrangers, les débuts ont été difficiles. Quitter notre pays, notre foyer, notre famille, tout abandonner pour commencer à zéro, c'est dur. Plus d'une fois j'ai été la proie de la nostalgie, et je ne voyais pas venir le moment du retour. En fait, cinq ans, cela passe vite, mais au début on trouve que le temps n'en finit pas de passer.»
Pourtant tu es venu avec la certitude que cet effort ne serait pas vain
«Dès le début je me suis rendu compte que ce peuple valait bien le déplacement. Il y avait quelque chose qui m'inquiétait: les accords internationaux engageaient Cuba à nous garantir logement et alimentation et à nous dispenser une éducation de très haut niveau, mais rien n'obligeait les gens à nous accepter, à nous protéger, à nous aimer comme ils l'ont fait pendant toutes ces années, à devenir nos amis librement et spontanément, à nous ouvrir les portes de chez eux¼ Souvent nous avons traversé des moments difficiles, des périodes de tension, mais nous avons reçu de nos camarades de classe, de nos professeurs et même de fonctionnaires un tel soutien que nous avons continué.»
Considères-tu que tu as reçu une bonne formation professionnelle?
«Sans le moindre doute. Je crois que pour Cuba, l'objectif n'est pas seulement de nous donner une bourse mais aussi de garantir notre succès par la voie de l'intégration à la vie universitaire. Notre participation aux activités sportives, culturelles et scientifiques a joué en faveur de nos résultats académiques. En outre, il faut comprendre que Cuba forme des professionnels intégraux et engagés envers le développement de leur pays. Les pays développés, eux, offrent des bourses dans le but de s'approprier le talent des nations pauvres et assurer ainsi leur hégémonie intellectuelle. Ici, nous avons pu exploiter tout notre potentiel parce que nous avons eu d'excellents professeurs. Ajoutons à tout ceci que Cuba a consacré des ressources importantes à l'amélioration des manuels et autres matériels d'études: nous avons disposé d'une bibliographie totalement rénovée, avec de la technologie de pointe, mais nous avons aussi travaillé avec des professeurs de très haut niveau dont beaucoup jouissent d'un prestige international.
Tu vas maintenant conduire ta vie professionnelle dans le cadre d'un système économique totalement différent de celui dans lequel tu as vécu pendant plusieurs années. Comment penses-tu faire face à ce phénomène?
«L'expérience vécue ici m'a rendu plus sensible, plus humain, plus désintéressé. Je me sens mieux préparé à chercher des solutions aux problèmes populaires. Je dois dire que pendant tout mon séjour à Cuba personne ne m'a posé la moindre question sur mes croyances ou mes conceptions idéologiques. Il ne s'est exercé sur nous aucune pression quant à notre définition politique, notre perception du socialisme, le gouvernement de ce pays. Si nus partons engagés envers les combats prolétariens, c'est parce que nous avons pu constater ici, de nos yeux, que la Révolution qui a misé sur la justice sociale a conduit le peuple sur la voie du progrès intégral. Ce pays vise le développement collectif, et ses réussites en médecine, en sports, et en général dans tous les domaines sociaux sont indéniables. Malgré les pénuries, ce peuple est un exemple d'internationalisme, il a rendu l'espérance aux oubliés de la planète avec son aide volontaire et ses missions de solidarité.»
Depuis que les États-Unis ont utilisé le thème du terrorisme pour supporter leur agressive politique de domination internationale, le monde est revenu un siècle en arrière. Il est revenu à l'époque précédent la création de la Société des Nations (SDN), ancêtre des Nations Unies (ONU).
Il est revenu à l'époque ou chaque pays se donnait le droit de prendre un quelconque prétexte pour envahir ses voisins dans la souffrance et la destruction. Depuis, on a tordu le bras de l'ONU pour envahir l'Afghanistan dans lequel on n'a pas traqué Ben Laden, ancien protegé de la CIA, mais bombardé le pays, semant mort et désolation pour laisser la population dans un désarroi pire que celui vécu sous le régime des Talibans. Ces mêmes Talibans qui avaient été mis en place par l'occident pour bloquer l'influence soviétique dans le pays. Le Canada était complice du soutien aux Talibans à l'époque soviétique et aujourd'hui il fait partie de ceux qui tuent et rasent au nom d'un illusoire mieux-être.
Ensuite cela a été l'Irak, agressé unilatéralement sur des prétextes qui se sont tous averés des mensonges (lien avec Al-Qaida, armes de destruction massive). Là encore on a détruit un pays et ses infrastructures, on a tué, violé, bombardé, torturé des centaines de milliers de civils. Le Canada s'est fait complice en ne dénonçant pas cet affront à l'autorité de l'ONU, en ne s'objectant pas à ce viol des traités internationaux, en supportant par en arrière l'armée étasunienne pour qu'elle puisse tuer, emprisonner et conquérir.
Aujourd'hui c'est le Liban, agressé et bombardé parce que 2 soldats y ont été arrêtés. Là encore, le Canada s'est rangé du coté de l'agresseur, appuyant l'agression d'un pays en paix par un pays qui ne vit que de la guerre. J'ai honte d'être canadien, honte de faire partie d'un pays qui vante la guerre, la destruction et la mort au lieu de semer la paix, la solidarité et le développement. Un pays qui prend partie pour celui qui tue ses citoyens, qui sélectionne les bons canadiens (les naturalisés) des mauvais (les résidents permanents) quand il s'agit de décider ceux qui auront la vie sauve. Car, au Canada, la vie a une valeur mais cette valeur diffère en fonction de votre passeport, le colonialisme ressurgit des racines canadiennes.
En septembre 1998, le gouvernement des États-Unis a fait arrêter 5 cubains qui avaient infiltré des réseaux terroristes pour empêcher des attentats anti-cubains comme celui qui, en août 1997, a tué à La Havane le jeune Montréalais Fabio Di Celmo. Ces 5 cubains ont passé jusqu'à 17 mois en cellule d'isolement et sont maintenus en prison même si la justice étasunienne (Cour d'Appel d'Atlanta) et le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations Unies ont déterminé qu'ils avaient été condamnés dans un procès inique.
Est-ce que le Canada soutiendrait un bombardement des États-Unis par Cuba au prétexte que 5 "soldats" cubains y sont séquestrés depuis 8 ans ? Est-ce que le Canada estimerait que raser la Floride serait une réponse mesurée de Cuba au terrorisme anti-cubain qui sévit à Miami et qui a déjà fait plus de 3 000 victimes dans l'Ile ? Non bien entendu, Cuba est un pays qualifié de non démocratique, et n'a donc aucun droit selon nos autorités diplomatiques.
Mais quelle est cette démocratie qui donne le droit à notre gouvernement d'appuyer en notre nom la mort et la destruction même si la population canadienne est largement contre ? Heureusement que Cuba ne bénéficie pas de cette arrogante démocratie, c'est probablement pour cela que Cuba n'envoie pas de bombes, ne sème pas la mort mais envoie plutot à travers le monde des médecins (30 000), des professeurs et des entraineurs sportifs pour semer la santé, la paix, l'alphabétisme, les seules armes qui permettront d'en finir un jour avec la barbarie des États-Unis et de ses valets canadiens et israéliens. C'est probablement pour cela que le gouvernement des États-Unis prévoit envahir Cuba pour y renverser ce système qui ose refuser de s'asservir et que le Canada d'aujourd'hui ne semble pas s'en offusquer.
Philippe Le Roux Membre de la Table de concertation de solidarité Québec Cuba Français de naissance Québécois de résidence Cubain de coeur et d'esprit